
EXPOSITION : 19 OCTOBRE - 30 NOVEMBRE 2008
ARTISTES : Francis Baudevin, Stéphane Barbier Bouvet, Vincent Beaurin, Olaf Breuning, Valentin Carron, Delphine Coindet, Claudia Comte, Philippe Decrauzat, Sylvie Fleury, Elise Gagnebin-de Bons, Athene Galiciadis & Cédric Carles, Mark Geffriaud, Patrick de Glo de Besses, Alain Huck, Simon Jaffrot, Philippe Jarrigeon, Florian Javet, Körner Union, Philippe Kermoal, Laurent Kropf, Jürg Lehni, Genêt Mayor, Mathieu Mercier, Olivier Mosset, Mélodie Mousset, Christian Pahud, Lauris Paulus, Mai-Thu Perret, Guillaume Pilet, Matthias Rihs, Tatiana Rihs, Rirkrit Tiravanija, Pierre Vadi, Raphaël Zarka
COMMISSARIAT : Samuel Dubosson, Mélodie Mousset, Tatiana Rihs
A l’occasion de ses 75 ans, le Pavillon Suisse de la Cité internationale universitaire de Paris accueille une exposition d’art contemporain à l’échelle du bâtiment qui tend à offrir une image inédite de ce patrimoine de l’architecture mondiale conçu par Le Corbusier.
L’exposition “Le Spectrarium - les fantômes dans la machine” entend explorer les relations entre hantise et technique, et faire de ce monument historique, qui fut la première “machine à habiter” en collectivité de la modernité architecturale, une maison hantée.
Prenant le contre-pied des prétentions modernistes, le propos de l’exposition est de montrer que la Pavillon Suisse favorise à son insu la prolifération des fantômes. Si son histoire est un réel condensé de hantise, sa conception en fut et en est encore le plus sûr générateur. Loin d’être la solution thérapeutique indiquée pour guérir “le pays malade de la maladie de l’architecture” (LC), une telle “machine à habiter” semble au contraire engendrer des phénomènes insoupçonnés de hantise échappant à l’incorporation de toute mythologie politique et de toute utopie hygiéniste.
Ainsi considéré, le Pavillon Suisse a tout d’une “matrice de hantise”, et c’est aux interventions artistiques envisagées comme accélérateurs de hantise qu’incombe la fonction de confirmer une telle apparence – l’enjeu étant de révéler l’impensé plastique de l’habitation machinique.
En mettant à l’épreuve les rapports entre l’art, l’architecture et la socialité, ce dispositif dynamique invite à reconfigurer la circulation intérieure et les volumes architecturaux du Pavillon Suisse en traçant les contours d’une étrange géographie et les arcanes d’une société interlope.